jeudi 4 février 2010

Train de nuit : la fin

Il venait de lui arracher pantalon et petite culotte lorsque la porte s’ouvrit brutalement.
« Oh pardon » murmura une voix empâtée avant de refermer précipitamment. Elle en aurait hurlé de rage, son seul espoir venait de s’évanouir avec un empoté qui trouvait tout à fait normal qu’on fasse l’amour avec une écharpe enfoncée dans le gosier.
Elle avait lu quelque part que ce qui excitait les agresseurs sexuels, c’était la résistance de leur victime, peut-être que si elle cessait de se débattre, il n’aurait plus envie de continuer son affaire. Son esprit fonctionnait à toute vitesse, non, jamais elle ne pourrait se résoudre à cesser de lutter pour éviter ce qui représentait pour elle la pire des agressions.
Soudain la porte s’ouvrit de nouveau et quelqu’un cria « hé mais qu’est-ce que tu lui fais mon gars ? ». Elle vit les trois militaires du compartiment d’à côté se précipiter dans le sien, deux d’entre eux agrippèrent l’homme pour le jeter sur l’autre couchette ou ils l’assommèrent à force de coups.
Le troisième, retira doucement l’écharpe de sa bouche, lui caressa tendrement la joue en lui disant que c’était terminé, que tout irait bien maintenant. Elle ne pouvait toujours pas parler, elle fut saisie de tremblements et d’énormes sanglots remontèrent de sa gorge pour sortir de sa bouche dans des sons dignes d’un pingouin qui aurait essayé d’enfiler des mocassins.
Comme elle était incapable de bouger pour se rhabiller, le jeune homme déposa sa veste sur ses jambes pour cacher sa nudité et pendant que ses deux compères étaient partis chercher un contrôleur, il lui caressait doucement les cheveux en lui murmurant des paroles rassurantes.
Lorsque le train arriva à destination, trois policiers attendaient sur le quai et menottèrent fermement son agresseur. Tout le monde se rendit au poste de police, elle dut donc supporter un dernier voyage avec le monstre sans aucun signe particulier, dans le fourgon des policiers. Mais cette fois elle ne risquait plus rien, il était menotté, la tête baissé, le regard vide, tandis qu’elle était encadrée par un policier et son jeune sauveur qui lui tenait la main.

Après une longue matinée de déposition, de questions saugrenues et totalement dépourvues de tact des policiers elle fut autorisée à rentrer chez elle. Son sauveur l’y accompagna et ils ne se quittèrent jamais plus. Après plusieurs années de câlins complètement platoniques elle réussit à se débloquer et lui donna quatre beaux enfants qu’ils nommèrent Samuel, Nicolas, Camille, Françoise en souvenir de leur rencontre. Ils vécurent heureux jusqu’à la fin de leur vie et voyagèrent beaucoup en évitant bien soigneusement tout transport ferroviaire.


Epilogue :
L’agresseur étant un « bon » français sans casier, il ne fut condamné qu’à six mois avec sursis, après tout, comme le souligna son avocat : « il n’avait violé personne ». Laissé en liberté, il circule toujours dans les trains de nuit… Méfiez-vous donc si vous devez voyager en train…. de nuit !

mercredi 3 février 2010

Train de nuit # 2




Pour ceux qui arriveraient aujourd'hui ce texte est la suite du billet d'hier 

C’est  son souffle chaud qui la réveilla et quand il posa fermement sa main sur sa bouche lorsqu’elle ouvrit les yeux elle comprit qu’elle était en danger.
Elle le repoussa violemment  ce qui lui permit de pousser un cri le temps qu’il se ressaisisse. Horreur, ses cordes vocales étaient paralysées par la peur et seul un faible son sortit de sa bouche. Il lui enfonça son écharpe dans la bouche afin de parer à toute nouvelle tentative d’appeler à l’aide et tout en la maintenant bloquée d’un bras, entreprit de lui retirer son jean de l’autre.
Elle luttait de toute ses forces, essayait de libérer ses bras, donnait des coups de pieds, mais l’homme, le fameux voisin sans signe particulier, était plus fort et l’exiguïté de la couchette jouait en sa faveur. Il la maintenait contre la paroi du fond de la couchette ce qui limitait beaucoup ses gesticulations.
D’une voix qu’elle n’oublierait jamais il luit dit «  chut, sois sage et tout se passera bien ».
La seule chose qui permettrait que tout se passe bien serait qu’elle l’assomme vite et bien et qu’elle puisse s’enfuir de ce compartiment. Ou que le contrôleur arrive, et l’aide à se sortir de cette situation qui empirait à chaque seconde, mais les contrôleurs étaient déjà passés et n’avaient aucune raison de revenir.
L’homme était toujours occupé à ouvrir son pantalon et malgré la gravité de sa situation elle eut le temps de penser à sa mère qui lui reprochait d’être constamment en jean.  Elle lui répondait toujours en riant qu’en cas de viol, un jean était plus difficile à arracher.
C’était effectivement le cas, mais ses forces s’amenuisaient au fur et à mesure de sa lutte et  la détermination qu’elle lisait dans le regard de son agresseur  ne laissait rien présager de bon.

Et maintenant c’est à vous de décider de la suite…
Est-ce qu’elle va s’en sortir ? Est-ce qu’elle sera violée ? Tuée ?
La fin la plus plébiscitée sera en ligne demain … Si vous êtes sages !



mardi 2 février 2010

Train de nuit

Elle avait eu beau courir à grandes enjambées sur l’immense quai de la gare Montparnasse, elle avait raté son TGV. Après avoir longuement juré et surtout repris son souffle, elle avait lentement regagné la gare et attendu au guichet pour faire changer son billet.
Elle était chanceuse lui annonça le préposé, il restait des places dans le train de nuit. Elle n’aurait pas qualifié ça de chance, mais elle fit un sourire résigné, soulagée qu’on ne lui fasse rien payer de plus.
Le bon côté de la chose c’est qu’elle allait pouvoir passer une soirée de plus avec son petit ami du moment. Lui n’avait pas l’air enchanté il comptait sur cette soirée pour travailler, mais malgré sa proposition de rester à la gare, il l’avait ramenée chez lui puis raccompagnée à la gare pour le train de 23H02.
Le quai grouillait de jeunes appelés qui rejoignaient leurs casernes respectives, après un week-end en famille, particulièrement arrosé pour certains, qui portaient encore les stigmates d’une bonne grosse cuite.
En rentrant dans son compartiment elle avait eu un mouvement de recul, il ne restait qu’une couchette en haut, les trois autres étant occupées par des militaires en train de siffler une bière.
Elle redescendit faire ses adieux à son petit ami et lui annonça son intention de changer de place dès que possible, elle souhaitait dormir, sans blagues graveleuses ou concours de rots, surtout sans problème et ses trois compagnons de voyage ne lui inspiraient aucune confiance.
Une fois le train parti, elle fit un rapide tour de son wagon et avisa un compartiment avec trois couchettes libres. Elle déménagea ses affaires et s’installa sur la couchette en bas à gauche, doutant de pouvoir trouver rapidement le sommeil.
La porte s’ouvrit, son voisin arrivait. Un homme simple, d’une quarantaine d’année, vêtu d’un col roulé et d’un jean, aucun signe particulier. Après les salutations d’usage elle se tourna et avant de s’endormir se félicita d’avoir changé de place. Ce voisin là ne serait pas bruyant, et qui sait ce que trois militaires bien échauffés par l’alcool auraient pu lui faire…

A SUIVRE…

dimanche 31 janvier 2010

Enfin le dernier jour !


Je ne sais pas pour vous mais je suis ravie de voir ce mois de janvier se terminer !  Il fut long et difficile ce premier mois de l’année  où, au lieu de prendre de bonnes résolutions, nous avons du surmonter les difficultés qu’elles soient financières, météorologiques ou même physiologiques.
Enfin voici le mois de Février, le mois des fleuristes et des chocolatiers amoureux, des crêpes et surtout de mes premières vacances depuis 6 mois !  Car ça y est j’ai mes billets, j’accompagne Mr Poux à Los Angeles et pendant qu’il gagnera notre vie dans des conférences et réunions à n’en plus finir je serai TRANQUILLE !
Comme je ne pourrai toujours pas faire mon shopping à Beverly Hills, je me contenterai d’aller revoir les amies que j’ai laissées là-bas il y a trois ans. Je visiterai peut-être un ou deux musées, je jouerai les touristes sur Venice Beach, mais surtout je PRENDRAI mon temps.
Pas de cris, pas de disputes, pas de repas à préparer ni de machine à laver archi-pleine : le pied total !
Je me ferai une orgie de « double quarter pounder » un menu du Mac Do avec de vrais bons steacks hachés et pas les timbres postes qu’on trouve dans les « big Mac » en France ! J’irai peut-être aussi au ciné, histoire de me gaver de pop-corn dégoulinant de beurre ( on peut même aller redemander une ptite « giclette »  en cours de film puisque là bas ils le servent liquide!).
Mais avant tout ça, la question existentielle de ce dernier dimanche de Janvier c’est :
Qu’est-ce que je fais de ça ???
 
Et oui parce que Janvier c’est aussi le mois des galettes, et à la maternelle c’est forcément le moment ou l’on fabrique sa propre couronne. Bien entendu on est tous ravis de voir arriver nos petits rois fiers comme tout, bien entendu  les couronnes des monstroux sont les plus belles de toute l’école et même de toute la région (tant qu’à être prétentieuse, autant le faire carrément !).
Parce que même si elles sont jolies, non seulement elles prennent la poussière, mais surtout elles prennent beaucoup de place ! Et  la question du stockage arrive très vite ! Les rois, les vrais, vivaient généralement dans un château et n’avaient pas de soucis de rangement, ce n’est pas notre cas !
En plus allez savoir pourquoi, Grand Monstrou a trouvé le moyen d’en faire quatre en trois ans… ( surement une enseignante qui m’en voulait) ! Et là, cette année, Petit Monstrou n’a pas échappé à la tradition et à ramené sa contribution, une couronne avec des « pierres précieuses » rendez-vous compte, on ne peut donc absolument pas la jeter !
On croule déjà sous les dessins, coloriages, montages divers et bizarres des activités manuelles de l’école ou des mercredis pluvieux à la maison (que je jette quand même de temps en temps oui j’avoue), alors franchement les couronnes, je ne sais plus quoi en faire !
Les accrocher au plafond ? j’y ai bien songé, mais bon heuuu c’est pas vraiment mon style de déco…
Les poser sur les commodes des enfants ? Ben oui mais là vous avez vu un peu le stock ? On ne va pas s’en sortir !!
J’ai bien envisagé qu’on se ballade tous avec une ou deux couronnes sur la tête en permanence histoire de gagner de la place dans la maison, mais les monstroux ont déjà tendance à se prendre pour les rois de la maison, je ne voudrais pas renforcer cette bien mauvaise impression.
En plus Mr Poux a carrément refusé d’aller travailler avec la couronne aux arceaux de papier "alu" qui lui seyait si bien ( quand je vous dis qu’il ne fait pas d’effort).

Bref, ceci est un appel au secours chers lecteurs, qu’est-ce qu’on va faire de ces couronnes ???
En attendant vos idées lumineuses, je vais les remettre tout en haut de la bibliothèque, dans la pièce « interdite », la pièce qui sera bientôt mon bureau quand j’aurai évacué le bordel  toutes les choses « qu’on-ne-peut-pas-jeter-parce-qu’on-s’en-servira-peut-être-un-jour ». Elles distrairont les araignées en attendant de m'inspirer lorsque la pièce interdite sera devenue un bureau !
Je vous souhaite un excellent mois de Février !

vendredi 29 janvier 2010

Et pourquoi pas ?

La dernière chanson de Vanessa Paradis est arrivée à un moment de ma vie où justement mon regard sur les choses, sur la vie et même sur les gens venait de changer.
Gaussez vous si vous le voulez, mais j’aime beaucoup cette chanson que je trouve très douce et qui arrive à point pour moi.
Parce qu’il y a deux semaines, on m’a annoncé une bien mauvaise nouvelle concernant ma santé et que j’ai du admettre encore une fois « qu’on est bien peu de choses ». Vous savez cette petite phrase glissée à tout bout de champ dans les conversations des commères au marché, des piliers de comptoir au PMU du coin et même dans celles des gens très respectables.


la chanson est là

« Parfois on regarde les choses/Telles qu'elles sont/En se demandant pourquoi

Parfois , on les regarde/Telles qu'elles pourraient être/En se disant pourquoi pas »
La facilité, le découragement, la peur ou l’écœurement nous amènent bien souvent à regarder les choses en se demandant pourquoi… voire Pourquoi moi ?

Mais malgré mon pessimisme récurent, j’ai toujours aussi regardé plus haut, plus loin, en me disant « et pourquoi pas ? ».

J’ai découvert des blogs absolument délicieux, drôles, sérieux, talentueux et j’ai pensé « et pourquoi pas ? ».

J’ai découvert que j’avais une cochonnerie auto-immune et incurable alors au lieu de me morfondre, je me dis « et pourquoi pas ? ».

Bien entendu, je suis tout de même passée par le stade « pourquoi moi ? », mais c’est ter-mi-né ! Et puisque c’est « auto-immune » je vais utiliser la force de mon esprit tordu pour me débarrasser de cette maladie.

- « mais Madame, on n’en guérit pas,
- Et POURQUOI PAS ? »

Ce matin je décrète qu’il faut bien que ça serve d’être une Peste, que je vais faire mentir tous les médecins du monde et botter en touche ce Lupus Erythémateux qui fait tomber tous mes cheveux et menace de s’attaquer à mes jolis petits organes s’il est « disséminé ».

J’ai dorénavant une excuse de plus pour être encore plus Peste qu’avant, je commence la lutte contre moi-même et la lutte pour moi-même… ça ne sera surement pas facile tous les jours, j’y laisserai peut-être tous mes cheveux, mais c’est TOUT ce que je donnerai à cette cochonnerie !

En attendant je vous souhaite une excellente journée pleine de pestouilleries en tout genre !

lundi 25 janvier 2010

Septembre 2021


Dimanche matin très tôt, il sortit de chez lui, glissa la clé dans la serrure d’un geste machinal et s’enfila dans l’escalier de son immeuble. Il avait revêtu sa tenue la plus neutre et le pardessus beige dont ses amis disaient qu’il le faisait ressembler à un flic de troisième zone surtout lorsque, comme ce matin, il avait oublié de se raser.
Les flics justement,pourvu qu'ils ne décident pas de faire une ronde ce matin ! Il irait seul procéder à l’échange, seul  affronter les malfrats  et récupérer son bien… ou pas, en espérant que personne ne le voit  ni ne le dénonce !
Le brouillard matinal s’était dissipé, mais le temps restait maussade et le soleil absent, peu lui importait, cette journée ne serait bientôt plus qu’un mauvais souvenir. Il marchait d’un pas qui se voulait tranquille, régulant son allure pour ne pas arriver trop tôt au lieu de rendez-vous.
Sa mâchoire était crispée, ses muscles tendus, non pas par la peur  il en avait vu d’autres, mais par la tension qui l’avait envahi dès son réveil lorsqu’il avait réalisé que c’était le jour J. Il y avait pourtant pensé toute la nuit, ne réussissant à sombrer qu’au petit matin pour rêver encore de l’échange qui aurait bientôt lieu, mais au réveil il avait senti sa gorge se serrer et ses rhomboïdes se contracter rien qu’à l’idée que tout cela pourrait mal tourner.
Il tourna dans une petite ruelle qui menait directement à la place Broca, où il avait rendez-vous. Son cœur, calme jusqu’à présent, s’affola et il dut inspirer et expirer profondément pour éviter la tachycardie.
Lorsqu’il arriva au point de rendez-vous il vérifia dans sa poche qu’il avait bien ses billets, ses mains étaient moites et il salivait déjà à l’idée de récupérer son bien.
La terrasse du café n’avait pas encore été complètement nettoyée, il balaya de la main quelques feuilles victimes de l’automne (qui commençait maintenant dès le mois d’Août), et s’installa à la table la plus éloignée du bar.


Il n’attendit pas longtemps, moins d’une minute après, deux individus s’assirent à la table voisine. Il les reconnut immédiatement, ils étaient derrière lui hier soir au cinéma, c’est là qu’ils s’étaient emparés de  son dernier paquet de fraises flagada.
A la place il avait trouvé une note lui réclamant 100 euros pour échapper à la dénonciation à la brigade anti-Haribo mise en place depuis dix ans par le gouvernement, et récupérer ses douceurs (qu’on ne trouvait plus nulle part en France) .
 Il ne buvait pas ou très peu, ne fumait pas, mais peut-être aurait-il mieux fait car tout cela restait légal malgré les dangers évidents pour la santé des consommateurs.  Son péché mignon par contre, ( les fraises Flagada), avait été interdit en France par la loi Haropi en 2011 parce que les colorants utilisés étaient trop néfastes pour l’environnement.
Depuis il se fournissait en Belgique, en Angleterre ou même parfois en Allemagne, lors de ses déplacements professionnels. Là-bas la lutte contre le réchauffement de la planète avait un tout autre sens, on avait développé des moyens de locomotion électriques, chaque logement bénéficiait de panneaux solaires, de récupérateurs d’eaux de pluie et d’eaux grises, les transports en commun étaient gratuits, à part les avions qui étaient surtaxés.
En France, on avait  «  incité » les gens à mieux s’équiper pour avoir un logement «  vert », on les avait pénalisés s’ils ne le faisaient pas ou s’ils n’avaient pas les moyens d’obtenir un passe droit. Mais les bus roulaient encore au diesel, les véhicules électriques restaient un luxe et on avait sorti toute une série de lois interdisant tout et rien sous prétexte de protéger les consommateurs. (interdiction de manger de la viande le soir, interdiction de se doucher tous les jours…)
Le colorant alimentaire E128 présent dans les fraises Flagada et dénoncé par la commission Européenne en faisait malheureusement partie. Plus question d’inciter à une consommation raisonnable,  dans ce cas comme dans tant d’autres depuis 2010, l’état avait décidé de protéger les consommateurs  contre eux-mêmes :  de force.
Bien qu’écologiquement discutables, ces lois avaient eu un fort impact économique. La création des diverses brigades de surveillance, des bureaux pour récolter toutes les dénonciations et des milices  de « contrôle des menus » avait généré beaucoup d’emplois.
Le marché noir avait repris, et avec suffisamment de moyens, on pouvait se procurer tous les produits désormais interdits. Aucun des gouvernements Européens voisins n’avait rien dit, trop contents de voir arriver tous ces petits français dans leurs supermarchés. Même l’immobilier avait été relancé, enfin surtout pour les régions frontalières car chacun voulait se rapprocher un peu des commerces «  libres ».
Du coup la douane  avait été renforcée et par un nouveau décret, on avait interdit au bon français de sortir du territoire plus d’une fois par mois. Là encore, tout était une question de moyens, de relations et de bons filons pour contourner cette interdiction. Besson avait failli démissionner car plus personne ne voulait s’installer en France, mais il avait rebondi, et empêchait maintenant les gens de quitter le pays.
Les deux individus sortirent un sachet qu’il reconnut immédiatement, c’était sa création pour dissimuler le contenu réel : il avait recyclé un paquet de bonbons à l’Eucalyptus dans lequel il planquait ses fraises Flagada pour aller au cinéma. Généralement, au fond de la salle sombre, il pouvait déguster ses friandises tranquillement sans être remarqué, jusqu’à hier soir où il avait bêtement laissé son paquet sur le siège d’à côté pour satisfaire un besoin naturel.
Faisant mine de repousser une feuille morte, il glissa ses cent euros sous le cendrier de la table voisine, les hommes se levèrent presque immédiatement, déposant en partant le paquet tant attendu sur sa table. 
Il dut se contenir pour ne pas ouvrir le sachet tout de suite.  Jetant  un regard circulaire sur la place à la recherche d’une éventuelle brigade de contrôle, il  s’empara du sachet, paya son café et repris sa route soulagé. Tout s’était bien passé, les brigands avaient tenu parole et ne l’avaient pas dénoncé, il pouvait reprendre sa vie.
 Le colorant E128 ne le tuerait surement pas, l’absurdité des lois françaises probablement.


Ce texte est une participation au jeu d’écriture initié par  Lizly et Madame Kévin , il s'agissait d'écrire un texte à partir de l'image ci-dessus. Il sera également publié sur un blog que vous pouvez visiter ici regroupant tous les textes inspirés par cette image. ,

jeudi 21 janvier 2010

Devenir représentant des parents d’élèves…

Lorsque Grand Monstrou a commencé l’école, j’ai souhaité m’investir un peu, pour mieux suivre sa scolarité et comprendre un peu comment fonctionnait l’école maternelle, après plusieurs années passées dans des maternelles Américaines.
C’est un peu par hasard mais aussi, un peu pour l’étiquette « pas du tout à droite » que je me suis inscrite à la FCPE ( Fais Circuler les Pétitions dans les Etablissements) où j’en ai profité pour rencontrer des personnes très sympathiques, drôles, motivées, à l’écoute des parents, enfants et mêmes des enseignants dans le cadre de leur mandat ( bénévole et bien peu gratifiant) de « représentantes des parents d’élèves ».

Je ne me rendais pas du tout compte que j’allais du coup devoir entrer dans le sournois conflit qui opposait mon équipe à celle des PI ( Parents Invertébrés Indépendants).

Je pensais naïvement qu’être représentante des parents d’élèves c’était relayer les informations de l’école auprès des parents peu disponibles, servir de médiateur en cas de conflit et râler sur les uns ou sur les autres si besoin (oui j’y suis aussi allée pour ça évidement).

Bon pour râler c’était une excellente opportunité surtout la première année :
- D’abord un escalier de secours complètement rouillé et impraticable (et comment on évacue les enfants en cas d’incendie ? On les jette par la fenêtre ?)
- Ensuite le personnel de cantine sorti tout droit d’une formation de surveillants de repris de justice (« aller hop, tu te mets là, les mains dans le dos et tu ne bouges plus… » à trois ans c’est évidement très adapté et hautement pédagogique comme sévice punition, sans parler du vocabulaire de ces dames).

Pour faire de la médiation c’était pas mal non plus, la directrice* de l’époque ayant séché le module « psychologie et diplomatie » lors de sa formation à l’école normale ( il n’y avait pas encore d’IUFM à son époque).

C’était déjà pas mal d’investissement en plus des rapports de conseil d’école à rédiger et des diverses réunions à droite et à gauche… Je pensais que c’était tout, que nenni , il fallait aussi gérer les coups bas de l’équipe d’en face, les gamineries, les susceptibilités des uns et des autres parce que rendez-vous compte, dans mon village, les élections de parents d’élèves c’est DALLAS !
A vrai dire ces élections, tout le monde s’en fout, même les parents ne se déplacent que très peu pour voter, mais pour l’équipe de PI c’est ultra important voire capital et donc ça se termine systématiquement en « communication orientée » ( comprendre : tissus de mensonges et de piques à notre intention) et même, cette année, en guéguerre interne.
Il faut dire que si j’ai rencontré des personnes « normales », très sympathiques et qui sont même devenues des amies dans l’équipe d’en face, il y a dans leurs membres quelques cas « pas piqués des hannetons » ! Je pense à deux fortes personnalités en particulier…

Le baratineur : Monsieur Latchatche*. Il a toujours réponse à tout,mais en général, lorsqu’il a fini de vous baratiner répondre vous ne comprenez même plus le sens de votre question , ou vous ne vous en souvenez plus !
Son plus gros avantage c’est que, comme il est trèèèès intelligent ( lui !) il a beaucoup de bonnes idées.
Son plus gros inconvénient c’est qu’il n’est jamais là pour les mettre en place, et comme ce sont SES idées à lui, ben on n’ose pas y toucher.
Il aime particulièrement se montrer, et bien sûr, il aime qu’on le remarque ! Il préfère les réunions avec de « vraies » personnalités, Maire, Président du Sivos, Député… Il laisse volontiers les détails bassement matérialistes ( vente de gateaux pour l’école, aide dans les classes pour une fête) aux personnes moins importantes et débordées que lui !
Il faut tout de même lui accorder qu’il fait beaucoup d’efforts, après 5 ans de représentation à la maternelle ( deux enfants) il a demandé à visiter l’école et s’est rendu compte que les enfants dormaient l’après-midi , qu’ils faisaient du sport en chaussons de gym et tout un tas de détails ( toujours aussi bassement matérialistes) qui n’avaient pas effleuré son esprit hautement supérieur auparavant.
Le plus gros égo du monde : que nous appellerons donc Madame Zégo ( ne pas confondre avec Ségo…). On ne s’en rend même pas compte, mais sans elle, les pauvres enseignantes n’auraient jamais mené à bien leur marché de Noël et autres actions pour l’école. C’est ELLE et ses petits bras musclés ( j’ose pas dire sa langue musclée vous allez l’interpréter tout de travers) qui ont sauvé la chaudière de l’école ! Même qu’elle a fait un sitting pendant des semaines dans une classe pour éviter sa fermeture ( et hop 3 semaines de cure d’efferalgan pour toute l’équipe pédagogique, vous imaginez le trou de la sécu).

Cette personne est tellement polyvalente qu’on la commanderait presque pour Noël, pour remplacer les supers-héros des enfants ! Elle se transforme à souhait, se déplace avec son costume de clown et fait une remarquable interprétation de Cosette, à faire pleurer jusqu’à Jean Valjean .
Parce figurez-vous que, malgré ses innombrables qualités dont je ne suis pas parvenue à faire l’inventaire ci-dessus tant il y en a, « Tout-le-monde-il-est-méchant-avec-elle » ( et là vous criez bouhhhhhhh ). Par exemple, nous à la FCPE nous comprenons toujours tout de travers et interprétons toujours mal ses actions pour se mettre en avant le seul et unique bien des enfants. ( En même temps vu que Mr Latchatche nous a traitées d’illettrées c’est normal qu’on ne comprenne pas tout)
Mais le pire c’est  que même dans son équipe on ne reconnait pas son indispensabilité, son dévouement à la cause ! (aller on le refait : bouhhhhh )
Il faut dire que deux personnalités aussi extrêmes ne pouvaient bien évidement PAS s’entendre, et après quatre ans de cohabitation houleuse, de « tirage de couverture à soi », le torchon a brûlé, que dis-je cramé, explosé dans un superbe feu d’artifice de courriels incendiaires, de communications aux parents, de lettres aux directrices d’école, à l’inspecteur ( qui n’ont bien sur que ça à faire en période de rentrée) etc.
Alors nous, les personnes NORMALES de la FCPE ( vilaines certes, mais normales, si si !) nous sommes restées bien sagement au milieu de ce déchirement électoral, riant ouvertement du ridicule de leur situation et priant « laïquement » pour que les rares parents qui votent aux élections ne nous assimilent surtout pas à ces deux là et à leur crêpage de chignon.
Pendant deux semaines en septembre, j’ai raté toutes mes séries américaines fétiches à la télé, parce que j’avais « desperate représentants des parents d’élèves » en direct dans ma messagerie électronique.
On a bien ri, mais par contre ne répétez surtout pas que je suis représentante de parents d’élèves, parce que maintenant j’ai honte et j’ai peur !! Est-ce qu’ils étaient comme ça AVANT d’être représentants de PE ou est-ce que c’est ce rôle qui les as rendu comme ça ?

*je précise que la directrice actuelle est absolument PARFAITE, BELLE, INTELLIGENTE , DRÔLE etc ( et ça n’a rien à voir avec le fait que mon fils passe la semaine dans sa classe et que je pourrais avoir peur d’éventuelles représailles )

*les portraits ci-dessus sont peut-être légèrement subjectifs ( mais alors très peu !), c’est l’avantage d’être blogueuse et non pas journaliste, je ne suis pas tenue à l’objectivité et surtout sur mon blog : je dis ce que je veux !